Lundi 11 juillet 2011
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FETE DU CINEMA 2011
Laura
La trame du film est assez claire, un convoi de trois familles de pionniers guidé par un menteur se retrouve finalement à suivre "un indien zarbi à moitié à poil" en espérant qu'il les conduira vers une source d'eau. Au fur et à mesure qu'ils s'enfoncent dans le désert les codes de la civilisation s'effritent comme la roche au soleil, les femmes et bien évidemment principalement Michelle Williams, deviennent de plus en plus présentes, on abandonne les cartes et la logique pour se fier à l'instinct et à la spontanéité, la tension monte. Si dans le fond, il y a des éléments intéressants, encore une fois je n'ai pas accroché : trop vide, trop lent, trop intello, trop inaccessible, trop queue de poisson...
Ronan
Après Blue Valentine, c'était quitte ou double pour les aventures de Michelle Williams au pays de l'independant movie. On partait un peu sceptiques mais en espérant secrètement que ce film nous réconcilierait avec cette épopée... Hum... Comment dire ? D'accord, la photo est belle. La reconstitution, bien que minimaliste, est soignée. Les acteurs sont tous parfaits. Mais l'histoire... est un leurre ! On vous ment ! Ce film ne raconte rien ! La dernière piste, c'est avant tout, un gros tas de fausses pistes. Assez habilement, il faut le dire, le film tisse des liens complexes entre les personnages de cette quête d'un eldorado improbable. Qui est courageux, qui est vil, qui ment ? L'histoire pose de nombreuses questions et appelle un dénouement complexe... qui n'aura pas lieu ! Je ne rentrerai pas plus dans les détails en spoilant mais il apparaît évident que la réalisatrice n'a tout simplement pas voulu choisir entre le récit de voyage initiatique et le huis clos à intrigue. Je trouve cela lâche.
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Lundi 11 juillet 2011
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11:45
FETE DU CINEMA 2011

RonanLa fête du cinéma est souvent l'occasion pour les grosses compagnies de sortir leurs blockbusters les plus douteux, profitant de l'aveuglement du public fonçant tête baissée sur le maximum de séances. Bref, c'est les soldes ! Mais je n'avais pas encore eu cette impression sur les productions typées art et essai. Je dis "typées" en pensant particulièrement à Blue Valentine tant ce film joue avec les clichés du genre. J'ai mis un peu de temps à savoir ce que je pensais de ce film mais quelques détails me perturbaient vraiment. D'abord, il y a la patte des frères Weinstein, qui vient souvent tacher de gras les meilleurs scénarios. Ensuite, il y a la bande-annonce qui est une pure escroquerie ! Voilà, ce qu'elle nous propose (dans l'ordre) : des jeunes amoureux, un homme qui vit de façon poétique, de la passion amoureuse, des coups durs mais de la solidarité dans le couple, des gens qui sourient, qui rient et qui applaudissent. Maintenant, accrochez-vous, voilà de quoi parle le film : un couple usé et lessivé, lui est ouvrier et alcoolique à la maison, elle voulait être médecin mais a fini infirmière, plus aucune communication entre eux, leur chien meurt. Pendant ce temps, nous revoyons comment ils se sont rencontrés et tout ce que ça a engendré dès le départ : grossesse involontaire, avortement avorté, agressions, tentative de viol, etc. Les détails s'accumulent : on raconte l'histoire d'une Madame Tout-le-monde et on prend une star de la télé pour la jouer ; dans les scènes d'agressions, on entend des bruitages de films d'action ; la BO est intégralement empruntée au groupe branché underground Grizzly Bear... Bref, rien qui ressemble vraiment à "l'Amérique d'en bas". Tout cela prend un goût un peu amer et on finit par penser que c'est plutôt de la masse prolétaire que cette production se moque. Dommage... Cela étant dit, je n'enlèverai pas à Michelle Williams sa prestation qui est remarquable.
Laura
Je ne reviens pas sur la bande-annonce si ce n'est juste pour souligner l'étonnement de découvrir des personnages de dix ans plus âgés dans la première image du film... Ensuite on assiste (ou on subit) à l'autopsie d'une histoire d'amour à l'agonie, une dernière tentative pour croire qu'il reste quelque chose à sauver, le délitement lent de l'humanité de chacun dans la rage et la colère... Les deux acteurs remarquables apportent tout de même un peu de profondeur à cette mise à nu objective et distanciée. En fait un film un peu "trop" à mon goût : trop banal, trop égocentré, trop étouffant, trop dramatique, trop complaisant dans la tristesse... J'en suis ressortie avec un grand besoin d'air et de me changer les idées.
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Dimanche 10 juillet 2011
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15:11
FETE DU CINEMA 2011

Ronan
Ni à vendre, ni à louer m'a fait penser à la boîte du petit chimiste, tant à la mode à une époque. Le môme, réjoui, ouvre la boîte et se retrouve devant une pile d'instruments plus complexes les uns que les autres. La tentation est trop forte ! Il met de côté le carnet d'instructions et monte tout de suite ses propres expériences et... ça ne donne rien ! Pascal Rabaté dont je n'ai pas vu Les petits ruisseaux (Laura en parlera mieux que moi) mais dont je respecte beaucoup le travail d'auteur de BD a très justement ciblé l'univers poético-comique de tradition franco-belge, qui se situe entre Tati, Kervern, Deschamps, François Damiens, Jeunet, Découflé, etc. Mais fusionner tous ces genres et les faire siens s'est avéré un peu plus difficile que prévu. Le résultat est une succession de gags à l'aspect visuel bancale, portée tant bien que mal par des acteurs en mal de mise en scène. Les événements se succèdent et creusent l'exaspération. Avec la meilleure volonté du monde, je n'ai pu mieux faire que m'emmerder...
Laura
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Lundi 6 juin 2011
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18:49
GRAND PRIX EX AEQUO AU FESTIVAL DE CANNES 2011 Ronan
Un peu comme pour les acteurs, on retrouve souvent deux sortes de réalisateurs : ceux qui tentent de nous surprendre en se renouvelant totalement à chaque film et ceux qui ont trouvé leur sillon et le creusent consciencieusement vers l'intérieur. Les frères Dardenne font évidemment partie des seconds. Peut-être on ne trouvera pas quelque chose qui bousculera aussi violemment que Rosetta ou d'autres de leurs précédents films mais rien ne vient gâcher leur art dans Le gamin au vélo. Comme à leur habitude, ils s'efforcent de toucher le plus près possible le réel à travers le visage de leurs acteurs qu'ils soumettent à de vrais défis physiques et psychologiques. Et pourtant, tout est très écrit et maîtrisé. Le travail des réalisateurs avec le jeune Thomas Doret est fascinant, le garçon exprime avec une justesse étonnante des sentiments extrêmement complexes. Bravo à lui ! Quant aux questions posées par le film, elles remuent beaucoup. Pas mal de films, finalement, réfléchissent à l'origine de la violence. Si l'on passe les réflexions sociologiques ou idéologiques, la réponse est souvent : l'ennui mène à la violence (The great ecstasy of Robert Carmichael, La dernière maison sur la gauche...) ; ici, l'intrigue est construite autour du silence de la société. Cyril cherche son père ou bien un père ou n'importe qui qui puisse lui dire comment devenir un homme. Et cette quête s'annonce difficile. Le parcours du jeune garçon est bouleversant. Encore une fois chez ces réalisateurs, si le scénario n'est pas original, c'est le montage et la place qui est laissée à l'acteur qui nous plongent vraiment dans l'histoire. Pas le meilleur, c'est sûr, mais un très bon Dardenne. Laura
Un garçon d'une douzaine d'années rejeté par son père demande à une jolie jeune femme de l'accueillir chez elle, le week-end, pour échapper un temps au foyer où il réside en semaine. Un scénario de base digne de la série Famille d'accueil sur TF1.
Mais les frères Dardenne réussissent à transformer les sujets et les images qui passent devant leur objectif. Les personnages prennent vie peu à peu, par l'expression de leur corps, la traduction en gestes de leurs désirs, violences ou espoirs. De la confrontation à l'apaisement, nous sommes au plus près de leurs visages, et leurs douleurs physiques ou morales, apparaissent le temps d'un regard ou d'un mouvement. Le film prend alors consistance dans une sorte d'alchimie mystérieuse portée par des acteurs sur le fil, justes et vrais. La détermination absolue du jeune garçon à refuser la vérité sur son père est magnifique, un élan spontané proche de l'instinct de survie. Les frères Dardenne signent ici un film riche et profond.
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Dimanche 5 juin 2011
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12:28
Laura
Dans les années 60 sur fond de guerre froide, les premiers mutants tentent d'empêcher la troisième guerre mondiale entre l'Amérique et la Russie, instrumentalisée par un vrai méchant. Charles Xavier marche sur ses deux pieds, son pote choisit le surnom de Magnéto et les premiers mutants découvrent comment maîtriser leurs pouvoirs. Le thème du commencement me plaît assez, quand il faut créer toutes les bases et partir de rien. De plus cela permet une certaine complicité avec le spectateur qui connaît déjà la suite de l'histoire. Mais le filon n'est pas exploité jusqu'au bout, et l'on apprend finalement peu d'éléments vraiment surprenant sur les personnages. Avec ses premiers "spécimens" mutants se posent bien évidemment les questions de l'acceptation de soi en rapport à la norme et de l'acceptation des mutants par le reste de l'humanité. Faire son coming-out ou non, en douceur ou avec violence. Des thématiques pas réellement subtiles, complexes, ni originales mais qui permettent tout de même de donner un fond, une matière à l'histoire. Et tant mieux car les scènes d'action en elles-mêmes sont tout de même un peu longuettes. Les points forts du film ce sont les touches d'humour qui lui donnent plus de consistance, d'intelligence et un casting top qui fait table rase du passé. Sans vraiment casser trois pattes à un canard, X Men Le commencement est un chouette divertissement.
RonanCeux qui comme moi, dans leur prime enfance, préféraient par-dessus tout l'édition "Spécial Origines" du magazine Strange iront forcément voir X-Men first class (ou l'ont déjà vu d'ailleurs !). Bref, ça reste un des thèmes les plus passionnants concernant les super-héros, de voir comment ils ont acquis leurs pouvoirs. Pourtant, très vite, on comprend que ce film ne nous apprendra que peu de choses ou alors qu'il fera des raccourcis psychologiques assez blasants. Comme le retournement de veste du personnage de Angel Salvadore, par exemple. En gros, n'attendez pas un X-Men du niveau des Bryan Singer, nous sommes loin des angoisses de Malicia et même Magneto a besoin de piquer des images du premier volet pour évoquer son passé. Hum !... Bon, ça, c'est dit ! Maintenant, si vous décidez d'y aller quand même et que vous laissez derrière vous vos attentes de comic-geek, vous pourrez passer un excellent moment, truffé d'effets spéciaux, de jupes sexy des sixties, de nombreux personnages et même, voire surtout, d'humour ! La croustillante courte scène où apparaît Wolverine en fait preuve ! Un peu comme l'était le troisième volet de la série, celui-ci est avant tout un pop-corn movie, sans sombrer non plus totalement dans la caricature (normal, vu qu'il est surveillé de près par Stan Lee et Brian Synger). Mais il est surtout sauvé par ses acteurs, Michael Fassbender en tête qui deviendra peut-être un des acteurs les plus charismatiques de sa génération. À suivre...
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