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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 19:21

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Laura

Filmer une histoire d’amour épistolaire en 2013 est une belle note d’intention. D’autant que Ritesh Batra le fait avec bienveillance et humour. Il prend le temps de dérouler le fil des événements, aussi petits soient-ils, s’attachant aux détails d’un univers où l’on entre avec plaisir : une voisine à la voix omniprésente, un employé qui cuisine dans le train, l'odeur et le goût des aliments, la vie quotidienne à Bombay. The lunchbox, sorti en période de Noël, nous est présenté comme un feel-good movie, mais il dépasse le genre et soulève des réflexions et des sentiments profonds. Un vrai chouette moment.

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 16:11

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Laura

« Toi et moi n’avons été que des souvenirs, jamais une réalité.

Quelque chose est en train de nous rêver.

Donne-toi à l’illusion. Vis ! »

Accepter de perdre ses repères, de s’en remettre à l’histoire qui nous est contée, tel est le pacte tacite entre le spectateur et Jodorowsky qui revient sur son enfance dans le village chilien de Tocopilla, ses souffrances comme ses grandes joies, sans complaisance et sans en éluder la violence intrinsèque. Il transforme la réalité passée et offre à chacun la vie de ses rêves : chanter de l’opéra pour sa mère. Le film se construit comme l’on réinvente la fin d’un mauvais rêve. De nombreuses scènes magnifiques nous emportent dans l’expression du sublime de l’humain, avec une sensibilité et une intelligence intimement liées au rire. Le personnage du père, joué par le fils du réalisateur, est fantastique, et évolue de la violence et au plus profond abandon – ce jeu de générations rappelle qu’au début du film, la mère appelle son fils « papa » –. Elle est, elle aussi, magnifique dans l’émotion et la créativité. La danza de la realidad vous entraîne dans un coup de folie, exentrique et flamboyant, et vous dépose émerveillé, ému et neuf !

Ronan

Je suis tout à fait Laura sur cette impression, le film m'a bouleversé. Faisant beaucoup pensé au cinéma du duo Buñuel/Dali, La danza de la realidad vous emmène dans un univers onirique, réconciliant avec une grande générosité théâtre et cinéma, opéra et danse, poésie et polar, etc. L'imagination foisonne, les images surprennent, je ne m'attendais pas à une perception si accomplie de ce que peut être l'image-cinéma.

Il s'agit là d'un film animé par un désir profond et interprêté avec force et humour par une pléiade d'acteurs magnifiques !

À noter (notamment pour les gens qui ont eu du mal à le trouver dans leurs salles) que le film a été financé en crowdfunding auprès des fans du cinéaste et n'est donc pas passé par des circuits traditionnels du cinéma.

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 16:06

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Laura

Jia Zhang-ke part de quatre faits-divers réels, survenus dans différentes régions de la Chine.Quatre histoires d'individus ordinaires poussés à commettre un acte ultime au cœur d'un pays qui nourrit chaque jour cette violence latente, en creusant les écarts entre riches et pauvres ou en limitant les libertés de chacun. Jia Zhang-ke entrelasse ces destins tragiques, fait ce croiser les personnages et se répondre les histoires. Magistralement filmé, A touch of sin est une vision de la Chine sans concession, d'une beauté violente et déconcertante, assurément déconseillé par l'office du tourisme.

Ronan

Il y a quelque chose qui sourdit dans ce film, comme un inavouable désir de révolte. À travers quatre portraits très différents mais ayant tous en commun une défiance envers l'ordre établi et la machine gigantesque qu'est devenue la Chine, le réalisateur nous fait à la fois traverser les genres cinématographiques tout en enfonçant méthodiquement clou après clou dans le cercueil de l'image d'un peuple soumis et obéissant.

Au final, on en ressort comme d'un voyage dans des terres cachées, au cœur d'un pays qui paraît souvent très mystérieux alors qu'il est aujourd'hui l'une des principales puissances mondiales. Ce portrait à double-tranchant est assez spectaculaire.

 

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 16:02

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Laura

Abdellatif Kechiche nous livre une chronique du passage à l’âge adulte, de la découverte de soi et de l’autre, une histoire d’amour que l’on suit des premiers émois au deuil de la séparation. Le spectateur est immergé dans ce flot de vie, au plus près des deux actrices, de leur présence physique dans ce qu’elle peut avoir de naturel et de brutale à la fois. Avec parfois une irrépressible envie de remonter à la surface pour inspirer à pleins poumons. 

De très nombreuses scènes ont été filmées et coupées au montage demandant sûrement à tous un travail monstrueux. Le film semble s’être construit au fur et à mesure de son tournage et ne pas avoir été totalement écrit, si l’on en croit les propos du réalisateur. Il en résulte un sentiment d’effleurer les choses. Même si l’œil de la caméra entre quasiment en collision avec, cela ne suffit pas pour entrer au cœur du sujet. Les représentations des milieux culturels restent plutôt caricaturales – pour souligner les différentes aspirations de vie des deux jeunes femmes ­– et, pour moi, Abdellatif Kechiche n’élève pas assez son propos pour, comme il dit le vouloir, en supprimer le côté militant et en faire une histoire d’amour universelle.

Ronan

Malgré une photo et un montage très réussis et des partis-pris de mise en scéne complexes et difficiles à mettre en place (la caméra peut rester en gros plans sur tous les sujets pendant quasiment une demie-heure non-stop), le film ne m'a pas touché. J'ai eu l'impression qu'Abdellatif Kechiche, obsédé par l'idée de pousser à bout l'équipe, passait à côté de la vraie matière qu'il effleurait.

À vrai dire, je n'ai pas cessé de sentir la présence du réalisateur durant tout le film, de par sa caméra et sa mise en scène très intrusives, dont on sent qu'elles essaient de mettre en danger les actrices à tel point que quand les choses se passent bien pour elles, on a l'impression qu'il ronge son frein, puis quand ça repart qu'il s'abat sur elle à pleine force.

Peu de place pour les sentiments, à mon goût, dans ce film. Il s'agit plutôt de pulsions irrépressibles qui s'expriment par tout le corps, de colères qui transforment les personnages en monstres mugissant, de sourires béats semblant tombés du ciel, de jeunes qui n'écoutent que des genres musicaux mais pas de groupes, de passionnés d'art qui ne parlent que de Schiele et Klimt. Bref... Un film qui reste en surface.

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 15:57

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Laura

Chaque journée s’ouvre sur un plan du parking et le ballet des voitures qui laisse deviner les rencontres potentielles. Au-delà du chemin de terre par lequel les personnages arrivent, le monde s’efface et disparaît pour transformer peu à peu cet espace ouvert et naturel en un véritable huis clos. La lumière du soleil souligne le temps qui s’écoule, d’une journée estivale à l’autre. Le lac, point de rendez-vous d’une communauté gay libérée, est le témoin de plaisirs entre inconnus. Cette ambiance de drague assumée, de sexe facile, et de jouissance éphémère laisse place peu à peu à une atmosphère plus lourde, quand la rencontre fugace se mue en passion amoureuse, quand la jalousie et la méfiance ouvrent une porte vers le thriller. Un film multiple, surprenant, intriguant qui semble osciller dans la brise d’été.

Ronan

Très étrange, cet Inconnu du lac. Pas évident de savoir ce que l'on en pense en sortant de la salle, notamment avec sa fin assez sèche. Mais l'impression reste tout de même d'avoir vu quelque chose d'hors normes.

Tissant son intrigue maille à maille, sur les corps très disponibles de tous ces hommes, le film arrive tout de même à faire grimper une angoisse et à se sentir à la merci de l'histoire.

Même s'il reste très froid et fuyant l'action, le film renoue avec une tradition du polar français, comme Les mois d'avril sont meurtriers, Scènes de crimes ou Une affaire privée. Avec ce ton distant et contemplatif, laissant la part belle aux dialogues simples et aux personnages ambigus.

Les partis-pris de mise en scène sont passionnants et sa structure très origniale. À voir pour les amateurs du genre (et les amateurs de moustaches aussi, bien sûr).

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 15:47

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Laura

Bradford, au nord de l’Angleterre. Arbor et Swifty, encore enfants, tentent de grandir dans un univers désenchanté : renvoi de l’école, famille nombreuse à faible revenu, père absent et frère junkie... Ils voient en Kitten, ferrailleur du quartier, une occasion d’échapper à leur quotidien.

Si l’atmosphère générale du film est rugueuse, âpre, comme les accents du Nord, la boue des champs ou le métal rouillé des carcasses de voiture, quelques instants de tendresse – la complicité très forte entre Arbor et Swifty et l’amour inconditionnel pour l’image maternelle – viennent illuminer ce ciel de plomb. Mais la tragédie reprend trop vite ses droits pour nous conduire à l’inéluctable accident. De très belles images émaillent une histoire parfois trop dramatique à mon goût.

Ronan

Tout est réuni dans Le géant égoïste pour en faire le film social parfait. Animé par un rythme fort, des acteurs exploités à la perfection, présentant les problèmes d'une misère actuelle et crédible, secoué par des rebondissements spectaculaires et le tout servi avec une esthétique soignée et un montage sans erreur.

Pourtant, quelque chose me gêne dans tout cela. Dès la première image, avec cette lande aux chevaux sous un ciel étoilé reconstitué en images de synthèse pour le rendre plus beau et en quelque sorte merveilleux (sans doute pour rejoindre le conte d'Oscar Wilde dont le film emprunte le titre). Très vite, j'a trouvé le maquillage trop parfait, les personnages trop attachants, l'envie de crier à la révolte dans ce système qui ne laisse pas de place à l'amour trop présente...

Car tout simplement, ce que fait ce film, c'est proposer de donner la parole à la misère puis finalement lui reprendre le micro et faire le discours à sa place. Très loin de Maurice Pialat ou d'Agnès Varda, il n'y a ici aucune place laissée au réel. Tout est reconstitué, avet talent certes, mais un peu trop parfait à mon goût.

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 19:54

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Laura

Du grand Dupontel ! Avec des instants de pure folie, une bonne dose d’humour noir et de décalage, des scènes sanglantes façon cartoon, des jeux de narration, des clins d’œil quasi subliminaux – notamment dans les bandeaux info –, Albert Dupontel s’autorise tout dans ce film déglingué. Son inventivité, que ce soit dans la mise en scène, le jeu des acteurs ou les effets spéciaux emporte le film sans pousser à l’overdose et laisse naître de belles émotions. Sandrine Kiberlain est lumineuse quand elle explose le stéréotype de la juge psychorigide pour se lâcher complètement. J’ai bien ri et le reste de la salle avec moi. Pas de doute, ça marche !

Ronan

Si Bernie restera comme un exploit d'humour noir et de mauvais goût impossible à réitérer (un peu comme C'est arrivé près de chez vous pour Benoît Poelvoorde), depuis Albert Dupontel a imposé son ton de la comédie-grand-public-tout-en-restant-punk.

Avec Neuf mois ferme, il transforme l'essai et le film devient un exemple-type du genre. Tout est parfait dans cette comédie qui mélange sans prévenir humour burlesque, dialogues cinglants, parodie de porno et scènes de films d'horreur. Ce cocktail sidérant fonctionne pourtant à merveille : la salle autour de nous, tous âges confondus, était hilare, quels que soient les gags.

Le rythme est parfait et les acteurs s'en donnent à cœur joie !

Ce que je préfère dans ses films, c'est cette idée géniale qu'il pose ses personnages dans un univers qui n'est pas tout à fait le nôtre. Ça tient à quelques détails, mais il invente des institutions et des systèmes, juste ce qu'il faut pour que le spectateur se retrouve projeté dans cet univers foutraque et génial.

Une comédie noire à dévorer !

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 19:48

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Laura

J’ai été transportée par Valhalla Rising, sensible à la beauté de Drive – malgré une sensation de rester en surface –, mais avec Only God forgives, Nicolas Winding Refn me laisse sur le carreau. Impossible d’entrer dans cet univers trop démonstratif, trop lynchéen – avec lumières rouges et intérieurs capitonnés –, trop esthétisant dans la violence gratuite comme dans la mise en scène ou les décors. Ryan Gosling ne convainc pas dans ce rôle de beau gosse torturé et silencieux.

Ronan

Pari osé du démon Nicolas Winding Refn (Pusher, Drive, Bronson) de reprendre une tradition du film suggestif et impressionniste se fondant essentiellement sur les ambiances et les thématiques et très peu sur le fil d'une histoire. L'occasion pour lui de se fondre totalement dans le travail des lumières et des esthétiques, je ne crois pas qu'il l'ait poussé autant jusque là, même dans le suprême Valhalla Rising.

Découpant dans le destin torturé de ses personnages un portrait peu flatteur d'une Amérique arrogante, immorale et inconséquente, le réalisateur ajoute avec le fascinant Vithaya Pansringarm la présence d'une divinité païenne punitrice et impitoyable. Dans ce thriller où le crime paie cher, le spectateur est interpellé sans ménagement avec la question : « qui considères-tu réellement comme tes héros ? ».

L'hommage déclaré à Jodorowsky et les remerciements à Gaspard Noé donnent beaucoup de sens à la construction de cet univers bizarre, sanglant et dénué de toute notion de bien.

Pourtant, la magie n'a pas opéré jusqu'au bout pour moi : la complaisance dans l'esthétique, assez constante je trouve, a fini par me laisser froid et j'ai décroché, laissant le réalisateur à son jeu. Peut-être aurait-il pu se risquer à troubler l'ordre des choses dans cette histoire un peu linéaire.

 

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 19:29

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Laura

En 2031, la Terre, victime d’un grave dérèglement climatique, est plongée dans une ère glaciaire. L’humanité survivante est rassemblée à bord d’un train, répartie par classes sociales de la queue à la tête. Jusqu’au jour de la révolte...

Bong Joon Ho s’empare de la bande dessinée française Transperceneige et nous embarque avec lui dans ce train qui file à toute allure pendant les 2 heures que dure le film. On reste accroché du début à la fin. Les scènes d’action sont bien menées, avec une bonne dose de violence et de drame (peut-être un poil trop quand les personnages tombent tour à tour comme des mouches). Les décors somptueux évoluent au fur et à mesure de la progression des révoltés, de l’antre grouillant de l’arrière du train au faste exubérant de la tête ; par la fenêtre, la glace et la neige recouvrent toute trace de vie. Song Kang-Ho, magistral, vole sans difficulté la vedette à un Chris Evans monolithique. Par le biais des personnages secondaires Bong Joon Ho apportent son originalité : une touche de folie et de décalage à l’ambiance assez sombre du film.

Ronan

La lutte des classes peut-elle trouver sa résolution à bord de ce train portant les derniers survivants de l'humanité ? Bong Joon Ho (The Host) se plie à cet exercice aussi vieux que la science-fiction (Métropolis ou 1984, au choix) mais semble plutôt s'en amuser. Très vite, l'enchaînement des wagons, tous différents, devient le prétexte à un jeu de scènes d'action plus réjouissantes les unes que les autres.

Tout se déroule de façon très ludique jusqu'à ce que les questions deviennent trop lourdes pour la pauvre tête fatiguée de Chris Evans. Là, le réalisateur prend le risque de troubler l'enthousiasmante virée anti-bourgeoise en réflexion torturée sur les cycles infinis de la société. C'est bien le seul défaut du film que cette volonté de dramatiser un sujet qui était traîté plutôt à la légère le reste du temps.

La compensation existe pourtant dans la présence géniale des seconds rôles, que des têtes connues venues faire peau neuve (et un peu abîmée) comme l'on se déguise pour Halloween. On y retrouve pêle-mêle John Hurt, Tilda Swinton, Ewen Bremner (Trainspotting), Jamie Bell (Billy Eliot), Alison Pill (The newsroom) et surtout l'irremplaçable Song Kang-Ho !

Bon, que dire ? Un divertissement génial et un film d'anticipation moyen... Au final, ça se vaut !

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 18:40

Mud

Mud

 

Laura

« Mud » comme la boue qui tapisse le fond du Mississipi et marque la peau de Matthew Mc Conaughey. Plus qu’un simple décor, la nature est partie intégrante du film. L’omniprésence de l’eau, des arbres, des insectes répond parfaitement aux plans de friches industrielles pour recréer un ensemble complexe, sauvage, atemporel et actuel à la fois.

Ellis et Neckbone règnent en maître sur ce territoire en dignes successeurs de Tom Sawyer et Hulckeberry Finn. Cette atmosphère d’aventure est nourrie par le personnage énigmatique de Mud et la fascination qu’il exerce sur les deux jeunes, fort de son charisme et de ses rituels mystérieux. Jeff Nichols mêle cette idée d’aventure aux interrogations de l'adolescence. La question de l’amour devient alors centrale. Au moment où ses parents décident de mettre fin au leur et où lui-même vit ses premiers émois, Ellis est prêt à tout pour aider Mud au nom de l’amour. Mais il découvre qu’il y a autant d’amours différents que de facettes d’une même vérité. Le monde qui l’entoure évolue sous yeux jusqu’à faire de lui le témoin d’une époque. 

Mud mêle habilement les genres, film d’aventure, d’adolescence, de gangsters, et nous accroche pour ne plus nous lâcher, notamment par le jeu sans faute des acteurs.

Ronan

Ébouriffant film que ce Mud ! Tour à tour énigmatique, poignant et palpitant tout en ne lâchant pas son portrait d'une Amérique de laissés-pour-compte très réussi. Le réalisateur Jeff Nichols nous embarque et nous fait traverser ce film d'aventures sans nous lâcher une seconde.
Le scénario du film pourrait même être un modèle de bravoure tant il évite les clichés et se renouvelle jusqu'au bout avec des idées simples et efficaces et des personnages crédibles et/ou passionnants.
Je n'ai pas eu ce plaisir depuis Winter's bone.

 

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